La boulangère m’a rendu cette pièce de 2€ en monnaie, je viens de la revendre 890€ et c’est la deuxième fois que ça m’arrive

Gary Hubert
Gary Hubert
Analyste financier
Une cliente ordinaire, une boulangerie de quartier et une pièce de 2 euros apparemment banale. L’histoire semble simple, presque banale. Pourtant, ce petit bout de monnaie a déclenché une revente à 890 euros. Une chance ou une illusion ?

Ce matin-là, Claire Dupuis ne s’attendait pas à vivre à nouveau cette étrange coïncidence. En prenant sa baguette chez la boulangère de la rue des Lilas, cette mère de famille de 42 ans a reçu sa monnaie, dont une pièce de 2 euros qui lui paraissait légèrement différente. Une intuition ? Une habitude ? Car ce n’est pas la première fois que ce genre de chose lui arrive. Elle a saisi son smartphone, a pris une photo de la face commune, puis de la face nationale. Effectivement, la pièce n’était pas comme les autres.

Une revente à prix d’or

Ce n’est qu’en rentrant chez elle que Claire commence à fouiller sur les forums de numismates et autres sites de revente. À peine postée en ligne, la pièce trouve preneur : un collectionneur privé lui propose 890 euros. Elle accepte. Cela paraît fou. Mais ce qui l’est davantage, c’est que ce scénario était déjà arrivé une première fois, il y a à peine deux ans. Même boulangerie, même intuition, autre pièce rare.

« La boulangère m’a rendu cette pièce de 2€, je viens de la revendre 890€, et c’est la deuxième fois que ça m’arrive. Je ne sais pas si c’est de la chance ou si elle a un trésor dans sa caisse. »

Des pièces rares… vraiment ?

Pour comprendre cette situation apparemment extraordinaire, j’ai décidé de retracer le parcours de ces fameuses pièces de 2 euros. En discutant avec plusieurs experts numismates, il ressort un constat sans appel : la majorité des pièces de 2 euros, même dites « rares », se revendent bien en dessous de 1000 euros. La plupart oscillent entre 3 et 300 euros selon leur état et leur année d’émission.

Voici une estimation moyenne des pièces les plus recherchées :

Pièce Émission Quantité frappée Valeur estimée
Traité de Rome (France) 2007 9,4 millions 30 à 80€
Grèce (S) 2002 70 000 100 à 300€
Monaco – Grace Kelly 2007 20 001 1500 à 2500€
France JO 2024 (BE) 2024 4000 60 à 150€

Aucune ne justifie – dans des circonstances normales – une valeur de 890€ pour une pièce reçue en monnaie. Sauf peut-être quelques cas très spécifiques…

L’exception, la vraie

Ce qui pourrait expliquer cette vente, c’est la combinaison de plusieurs facteurs : une erreur de frappe rarissime, une pièce mixée entre deux années, ou une double frappe. Ces anomalies, appelées fautées, peuvent créer des pièces uniques. Et ces spécimens déclenchent parfois des enchères spectaculaires parmi des collectionneurs passionnés à la recherche de la perle rare.

Contacté, un expert en monnaies rares m’a expliqué :

« Pour qu’une pièce de 2€ dépasse les 500€, il faut au moins une erreur de fabrication majeure, du type frappe en double métal ou absence de motif. Et même là, les rejets d’usine sont nombreux. Très peu échappent aux contrôles. »

Un hasard statistique improbable

Alors que penser de Claire ? Deux fois la même histoire ? Un pur hasard semble peu crédible. Dans les faits, des milliers de Français scrutent régulièrement leur monnaie sans jamais tomber sur ce type de trésor. Une telle coïncidence remet en question le récit tel qu’il nous est rapporté.

Mais il y a une autre hypothèse, plus rationnelle cette fois : Claire n’a peut-être pas reçu cette pièce par hasard. Elle pourrait avoir acheté ou échangé des pièces en connaissance de cause — pour tester une revente, maximiser un micro-investissement, voire simplement par jeu. Le discours spontané camoufle parfois une stratégie plus subtile.

Et si votre monnaie valait plus ?

La tentation est grande de fouiller dans ses poches après la lecture de telles histoires. Voici quelques indices concrets pour identifier une pièce potentiellement intéressante :

  • Inspecter la date et le pays d’émission
  • Comparer le motif avec des bases disponibles de pièces commémoratives
  • Vérifier l’état général : une pièce en « fleur de coin » sera toujours mieux cotée
  • Éviter les nettoyages agressifs : cela fait chuter immédiatement la valeur
  • Photographier les deux faces avant toute tentative de revente

Conclusion partielle

Il reste, dans cette histoire, un flou que même les faits peinent à dissiper. Soit Claire Dupuis est une chanceuse hors du commun, soit nous faisons face à un récit enjolivé, savamment raconté pour susciter curiosité… voire envie. Une chose est sûre : dans un marché où la majorité des pièces de 2 euros restent collées à leur valeur faciale, cette pièce-là, qu’elle existe ou non, aura rapporté son lot de discussions bien réelles.

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