Elon Musk annonce la fin des pièces d’euros pour 2030 et ses informations semblent claires

Gary Hubert
Gary Hubert
Analyste financier
Le fondateur de Tesla et SpaceX secoue une nouvelle fois le paysage économique en évoquant la disparition des pièces de monnaie européennes d’ici 2030, une déclaration qui mêle provocations, visions futuristes et interrogations politiques.

Elon Musk n’en est pas à sa première déclaration fracassante. Lors d’une série d’interventions numériques publiées sur X (anciennement Twitter), le milliardaire américain a relayé une analyse prospective sur la fin prochaine de la monnaie physique dans l’Union européenne. « Les pièces d’euros seront obsolètes d’ici 2030 », pouvait-on lire dans une vidéo qu’il a repostée sans commentaire, mais avec un emoji clin d’œil. Un geste interprété par ses fans comme un soutien clair à cette hypothèse.

Une annonce cryptique qui alimente les spéculations

À première vue, les propos partagés par le multimilliardaire laissent entendre que des discussions sur la suppression des pièces métalliques seraient en cours au niveau européen. Des vidéos d’experts monétaires évoquant une transition totale vers des monnaies numériques circulent depuis plusieurs mois, mais rarement avec une telle amplification virale.

Le relai d’Elon Musk propulse ce contenu dans une autre dimension. En quelques heures, les réactions affluent et les interrogations pleuvent : l’Union européenne a-t-elle vraiment prévu de supprimer les centimes et les pièces de un ou deux euros ? Sur quel fondement économique se baserait une telle décision ?

Des déclarations alignées avec une vision anti-fiat

Depuis plusieurs années, Musk critique régulièrement les monnaies fiduciaires. Récemment, il déclarait encore que « la monnaie fiat est sans espoir ». En 2025, il a d’ailleurs renforcé cette position en lançant son propre mouvement politique, surnommé l’America Party, où il milite pour l’adoption accrue des cryptomonnaies comme alternatives sérieuses.

Dans un contexte international où les banques centrales explorent les monnaies numériques de banque centrale (MNBC), Musk semble vouloir pousser le débat plus loin. Pas seulement contre le dollar, mais aussi contre l’euro et ses symboles matériels.

« J’ai grandi avec des pièces dans la poche, mais mes enfants ne les utilisent presque jamais. Pourquoi continuer à produire quelque chose que plus personne ne veut vraiment ? », m’a confié Ivan Klestov, crypto-entrepreneur letton rencontré à Tallinn il y a quelques semaines.

Réalité institutionnelle : aucune annonce officielle de l’UE

Pourtant, en creusant cette déclaration, aucune institution européenne ne confirme pour l’instant un plan acté pour la fin des pièces d’ici 2030. La BCE poursuit ses expérimentations sur l’euro numérique, mais n’a pas annoncé de suppression de la monnaie métallique. Les États membres conservent des compétences monétaires fragmentées dans ce domaine.

La seule initiative plus concrète reste la diminution de la production de pièces de 1 et 2 centimes par certains pays de la zone euro, notamment en Belgique, aux Pays-Bas ou en Irlande. Mais leur retrait complet reste loin d’un consensus général.

L’émergence des paiements dématérialisés

Loin d’être isolée, l’idée d’une disparition à terme des pièces se fonde sur des évolutions tangibles :

  • Explosion des paiements par carte et via smartphones
  • Diminution du recours au cash dans les zones urbaines
  • Coûts de fabrication jugés trop élevés pour certaines pièces
  • Volonté écologique de réduire les frappes monétaires
Type de pièce Coût de production (€) Valeur faciale (€) Usage courant
1 centime 0,015 0,01 En forte baisse
2 centimes 0,018 0,02 Rarement utilisée
1 euro 0,12 1,00 Usage quotidien

Un rôle d’agitateur plus que de décideur

À ce stade, Musk ne fait que relayer et amplifier une idée présente dans certains cercles technophiles. Il ne détient aucun levier politique ou institutionnel en Europe, mais possède une audience globale immense. Sa capacité à injecter une vision ou à relancer un débat n’a rien d’anodin. Une stratégie souvent calibrée pour nourrir sa propre image autant que ses ambitions politiques internes aux États-Unis.

Qu’il s’agisse d’anticipation ou de provocation, la sortie de Musk soulève une autre question : sommes-nous véritablement prêts à tourner la page de la monnaie tangible ? Et à quelle vitesse cela peut-il se produire sans déstabiliser les populations les plus dépendantes du cash ?

« Je vis à la campagne, je paie encore mon pain avec des pièces de 50 centimes. Chasser ça du jour au lendemain, c’est oublier une partie de la population », m’a expliqué Brigitte Morel, retraitée française rencontrée sur un marché de Corrèze.

Un futur sans pièces : plausible, mais sans calendrier clair

En conclusion, aucune décision officielle n’existe à ce jour pour entériner la fin des pièces d’euros à l’horizon 2030. Mais cette perspective n’est plus totalement marginale. Elle voyage entre les notes de service des fonctionnaires européens, les analyses des think tanks et les messages énigmatiques d’un entrepreneur qui aime défier les systèmes établis.

Alors que la confiance dans les monnaies traditionnelles s’effrite partiellement, il semble que les pièces poussent doucement vers la sortie. Elon Musk ne l’a pas décrété, mais il a su – encore une fois – catalyser un débat que beaucoup préféraient repousser.

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