Poursuite de la hausse du cours des métaux

Publié le 3 mai 2016

Le cours des métaux industriels échangés au sein du LME poursuit sa lente ascension cette semaine. Cette hausse est stimulée par une légère reprise des cours du pétrole ainsi que par la dépréciation du dollar. En effet, la hausse des prix du pétrole a donné un coup de pouce à l’augmentation du prix des métaux de base et surtout de l’aluminium.

Focus sur l’évolution des prix de ces 5 derniers mois

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La dépréciation de la monnaie américaine, qui est la devise dans laquelle s’opèrent toutes les transactions des métaux les rend plus accessibles actuellement. Pourquoi ? Parce que les métaux sont moins onéreux, tout simplement. La semaine dernière, plus précisément vendredi dernier, il a été enregistré que la tonne d’aluminium est montée à 1665 dollars. C’est son niveau le plus élevé depuis septembre. Quant au nickel, le prix de la tonne a atteint les 9.585 dollars jeudi dernier (son plus haut tarif depuis 5 mois). La tonne de zinc est actuellement à 1958 dollars, c’est son prix le plus élevé depuis fin juillet. Toujours la même journée de jeudi, la tonne de cuivre est montée à 5065 dollars, le plomb culmine à 1814,50 dollars et l’étain à 17.460 dollars. Ce sont encore les prix les plus hauts jamais atteints en tout juste un mois.

L’or a également profité de cette faiblesse du dollars pour renforcer sa position de valeur refuge. En effet, vendredi dernier, le métal jaune a atteint 1.270,47 dollars l’once, valeur qu’il n’a pas atteint depuis plus de cinq semaines, avant de repartir en légère baisse sans pour autant effacer ses gains sur une semaine.  Le platine et le palladium ont également suivi ce mouvement haussier de l’or, tout comme l’argent d’ailleurs. Avec une demande industrielle de plus en plus prononcée, le cours de l’once de platine est monté à 1.044,70 dollars, et l’once de palladium à 618,28 dollars, des valeurs qu’on n’a plus vu depuis l’année dernière.

Le renforcement du dollar pourrait casser le rythme de l’ascension du prix des métaux

Les analystes estiment que cette situation pourrait changer si les cours du pétrole viennent à adopter un chemin baissier et que le cours du dollar venait à se renforcer. Pour le marché du cuivre, il faut s’attendre à une forte baisse des prix, car la Chine n’a pas encore haussé ses commandes. En d’autres termes, les fondamentaux ne justifient pas la hausse du cours des métaux de base.

Le cours du pétrole : une hausse et une baisse de prix interminable

Il est assez difficile de fixer le prix exact du pétrole avec l’instabilité économique qui existe actuellement. Vers la fin du mois d’Avril dernier, le prix du baril de pétrole Brent a atteint les 46,75 dollars, c’est-à-dire plus de 16,23% par rapport au mois de Mars. Celui du baril de pétrole WTI est de 45,04 dollars, environ plus de 14,51% que pendant le mois de Mars. C’est à cause de l’évolution de l’offre dans certains pays comme les Etats-Unis associée avec la variation du dollar que cette matière première poursuit un rallye interminable.

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Le prix du pétrole en baisse à New York

Au début de la semaine, hier, la valeur du pétrole a encore baissée dans la ville de New York alors que les excédents mondiaux n’ont donné aucun signe de diminution. Ainsi, le cours du baril ayant la référence WTI a perdu 30 cents et devient 44,48 dollars sur New York. Ceci est une livraison pour le mois prochain : en juin. Notamment, à Londres, le baril de Brent livré en Juillet, a diminué de 18 cents à 45,65 dollars sur ICE (Intercontinental Exchange). Les pays exportateurs de pétrole membre de l’OPEP produisent une quantité importante de pétrole et cela augmente encore jusqu’à atteindre un nouveau record surtout sen ce qui concerne l’exportation.Pour contrôler cette victoire, ils ont décidé de diminuer le prix encore une fois. En effet, selon les actualités, l’Irak gros producteur de cette essence après l’Arabie Saoudite a exporté environ 3,36 millions de barils par jour en Avril. Un record très proche de la valeur recensée en novembre : 3,365 millions. Selon John Plassard de Mirabaud Securities, les marchés pétroliers évoluent en baisse aussi « dans un mode de prise de bénéfices assez évident ». Par ailleurs, cette valeur très basse peut s’expliquer par la crainte de l’OPEP vis-à-vis des producteurs américains qui veulent reprendre l’exploitation de schiste aux Etats-Unis. En ce qui concerne la demande, les principaux consommateurs : la Chine et les Etats-Unis, ont diminué les activités manufacturières et cela a pesé sur les cours du pétrole brut.

Hausse des prix du carburant en France et en Asie

A Paris, les consommateurs de carburant subissent une hausse interminable contrairement à la population américaine. Les chiffres officiels publiés lundi dévoilent que le prix du gazole est passé de 1,0715 euro le litre à 1,0888 actuellement. Le litre d’essence sans plomb a progressé de 0,98 centime soit 1,3176 euro et le litre du SP95 10% d’éthanol a aussi augmenté de 0,9 centime soit 1,2934 euro. Enfin, le SP98 est à 1,3720 euro le litre, environ une hausse de 0,87 centime. En Chine, la valeur de l’or noir a rebondi encore une quatrième fois. Le baril de light sweet crude (WTI) s’élève à 45,09 dollars soit une hausse de 31 cents. C’est une livraison en juin. Le baril de Brent pour la livraison de juillet, gagne environ 37 cents soit 46,20 dollars. Selon Bernard Aw, analyste chez IG Markets à Singapour, « rien n’a changé au niveau de l’offre et de la demande. En fait, la situation semble empirer. Tant que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole ne prendra pas de mesures concrètes pour limiter la surabondance de l’offre, les cours auront du mal à dépasser le seuil des 50 dollars »a-t-il ajouté. Pour certains économistes de Commerzbank, l’échec de la négociation du gel de la production a eu une répercussion néfaste dans l’offre et la demande. En effet, cet accord de Doha avait comme rôle de gérer la période forte surabondance de l’offre au cours du deuxième trimestre, avant l’apparition de la diminution des excédents lors du second semestre. L’application de ce gel de la production aurait contrôlé la baisse de la production américaine et la demande saisonnière en hausse. Ainsi, d’ici mi-2016, le prix de l’or noir serait stable et permis pour tout le monde.